les maladies du foie

 

 

 

Le foie est dans l’organisme une véritable « usine » de synthèse de molécules nobles, et de destruction de déchets du métabolisme.

Toute atteinte hépatique a des répercutions sur l’ensemble de l’organisme. Les symptômes sont variés et d’apparition relativement tardive, alors que les causes de pathologies hépatiques sont très diverses.

 

D’une manière générale, les symptômes qui accompagnent les maladies du foie sont variables et peu spécifiques. La conjonction de ces symptômes aboutit à l’apparition de grands syndromes : l’ictère (jaunisse), l’encéphalose (affection nerveuse de type toxique), la photosensibilisation, les coagulopathies (troubles de la coagulation).

 

L’ictère :

L’ictère correspond à une coloration jaune des muqueuses. Il est lié à l’accumulation d’un pigment appelé bilirubine. Celle-ci est issue de la dégradation de l’hémoglobine, qui se déroule dans le foie.

Les causes sont essentiellement des troubles hépato-biliaires liés à un disfonctionnement des cellules hépatiques, ou à une obstruction des voies biliaires.

L’ictère n’est pas absolument spécifique aux affections hépatiques et on peut le rencontrer au cours d’autres maladies (anorexie prolongée, anémie hémolytique de causes variées, qui entraînent aussi une surproduction de bilirubine).

 

L’encéphalose hépatique :

Les dysfonctionnements du foie peuvent aussi induire un syndrome toxique appelé encéphalose hépatique. Il se caractérise par un comportement anormal et des troubles locomoteurs, et peut apparaître quelles que soient les causes de la maladie hépatique. On peut noter une faiblesse généralisée, une dysphagie (difficultés pour déglutir), une léthargie, un pousser au mur, des bâillements, une tendance à tourner en rond.

L’intensité de ces symptômes est variable. L’origine des troubles est à rechercher dans l’accumulation dans le sang de substances neurotoxiques d’origine gastro-intestinale issues du métabolisme des substances azotées, ammoniac notamment.

 

La photosensibilisation :

Toute atteinte hépatique est susceptible d’entraîner une photosensibilisation : il s’agit d’une atteinte des zones dépigmentées de la peau. On observe tout d’abord un prurit (envie de se gratter), une chute des poils puis la formation de vésicules et d’ulcères cutanés, suivie de nécrose de la peau. La cause est une accumulation de phylloerythrine. C’est une substance issue du métabolisme de la chlorophylle, qui, en cas de pathologie hépatique, n’est plus dégradée et s’accumule dans la peau. Le soleil provoque alors, à partir de cette substance, l’apparition de radicaux libres qui nécrosent la peau.

(Cette photosensibilisation n’est pas uniquement causée par des anomalies du foie : on l’observe en effet suite à l’ingestion de substances photosensibilisantes. Voir Les maladies de la peau d’origines alimentaires).

 

Les troubles sanguins :

Le foie produit de nombreux facteurs intervenant dans la coagulation sanguine. Toute atteinte hépatique est donc de nature à provoquer des coagulopathies ou troubles de la coagulation. Les conséquences peuvent être graves : elles vont des simples ecchymoses à l’apparition d’hémorragies nasales ou digestives parfois mortelles.

 

Autres troubles :

Mis à part ces quatre grands syndromes, d’autres troubles plus marginaux sont rencontrés : coliques, diarrhées, amaigrissements, ascite (accumulation de liquide dans la cavité péritonéale), oedèmes déclives. Il arrive aussi qu’il survienne un prurit non pas dû à la photosensibilisation, mais à l’accumulation de sels biliaires sous la peau.

 

Voici une classification de ces maladies sous un angle analytique qui sépare les hépatopathies sans dysfonctionnement, les hépatopathies aiguës, et les hépatopathies chroniques :

 

Hépatopathies sans dysfonctionnement :

On les classe en maladies bactériennes, virales et parasitaires.

 

 

 

 

Hépatopathies aiguës :

Heureusement assez rares, elles sont parfois fulminantes, entraînant la mort en quelques heures. Elles nécessitent une intervention précoce.

 

La maladie de Tyzzer est une affection hépatique d’origine bactérienne due à un germe baptisé Bacillus piliformis. Elle est très rare est se caractérise par une nécrose du foie. Elle touche essentiellement les foals avant l’âge de deux mois, qui se contamineraient en intégrant les fèces de leur mère. Il s’agit d’une maladie foudroyante, la mort survenant en moins de 12 heures.

La « black disease » ou hépatite chronique infectieuse est due quant à elle à une interaction entre les affections parasitaires (forme larvaire de la douve du foie) et une bactérie anaérobie (vivant sans oxygène), Clostridium. Elle trouve sur le foie endommagé par les parasites, des conditions propices à son développement. La black disease à évolution très rapide, doit son nom à la couleur noire que prend rapidement le cadavre dont les vaisseaux cutanés sont remplis de sang.

 

La maladie de Theiler est une hépatopathie aiguë gravissime, survenant parfois suite à l’administration de produits biologiques équins. Elle a été décrite en 1918 par Theiler, en Afrique du Sud, chez des chevaux ayant reçu un vaccin vivant et un sérum contre la peste équine. Elle peut pourtant survenir en l’absence d’injection de produits biologiques et sa cause dans ce cas n’est pas totalement établie : on parle alors d’hépatopathie idiopathique (dont on ne connaît pas la cause).

La rhinopneumonie du poulain est due à un herpèsvirus de type 1 (voir les herpèsvirus). Elle peut provoquer une hépatite chez le poulain mais d’autres signes cliniques sont aussi présents. Le poulain s’infecte généralement dans l’utérus de sa mère.

 

Les affections hépatiques aiguës d’origine toxique provenant de substances d’origine naturelle sont essentiellement des mycotoxines, c’est-à-dire des substances toxiques issues du métabolisme de champignons. La plus connue est l’aflatoxine, produite par des champignons du genre Aspergillus, qui prospèrent sur les végétaux tels que l’avoine, le sorgho, l’orge, le soja, le maïs ou l’arachide, dans des conditions de chaleur humide ou de mauvais stockage.

Les affections hépatiques aiguës d’origine toxique provenant de produits chimiques sont devenues très rares. Le tétrachlorure de carbone, qui fut utilisé comme antiparasitaire, et les intoxications à la dioxine font partie du passé.

 

On parle de cholangiohépatite quand les canaux biliaires sont le siège d’une inflammation. Cette inflammation peut provenir d’une infection des canaux biliaires par des bactéries ou par une obstruction du canal cholédoque (canal évacuateur de la bile).

Beaucoup plus rare, l’atrésie biliaire est une anomalie de développement des canaux biliaires chez le poulain, elle est invariablement mortelle.

 

Hépatopathies chroniques :

Ces maladies chroniques connaissent elles aussi des causes variées.

 

Hépatites chroniques toxique due à des toxiques naturels : en premier lieu, il convient de citer les intoxications aux alcaloïdes pyrrolizidiniques. Derrière ce nom barbare se cachent des toxines contenues dans diverses plantes dont le Séneçon. Ces végétaux se complaisent dans des prairies mal entretenues. Les chevaux ne consomment pas spontanément cette plante, sauf en cas de disette. On peut néanmoins la retrouver dans les foins de luzerne de première coupe. L’intoxication se réalise à l’occasion de doses faibles et cumulées. Si l’évolution est longue, l’apparition des symptômes est brutale. D’autres plantes sont incriminées dans les hépatopathies chroniques, plus rarement : l’aristoloche, le trèfle, le chêne, l’oignon.

Hépatites chroniques toxique due à des toxiques synthétiques : dans les médicaments, de nombreuses molécules ont été incriminées : anabolisants, antibiotiques, anti-inflammatoires, diurétiques, tranquillisants...

 

On décrit sous le terme d’hépatite chronique active un processus inflammatoire soutenu au niveau du foie, d’évolution lente. Les causes exactes de cette affection ne sont pas encore élucidées et son origine est vraisemblablement multifactorielle : toxines, processus infectieux, phénomènes immunologiques...

 

Les abcès sont souvent consécutifs à la dissémination de germes par voie générale. Ils surviennent volontiers à la suite d’une infection ombilicale chez le foal, lors de migrations parasitaires, ou encore lors de lithiases (calculs).

Les tumeurs primitives du foie sont très rares chez le cheval mais cet organe est souvent le siège de phénomènes métastatiques.

 

Il arrive en dernier lieu que le foie soit le site d’accumulation (surcharges) de substances diverses.

L’amyloïdose (dépôt d’une substance amorphe protéique appelée amyloïde est très rare chez le cheval).

La lipoïdose en revanche est une affection courante, surtout chez les poneys et en particulier le shetland. Il s’agit d’une infiltration graisseuse du foie survenant souvent lors d’une perte d’appétit chez un animal par ailleurs obèse.

 

 

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