L’herpèsvirose
(ou plutôt les herpèsviroses dans la mesure où des virus bien distincts peuvent
provoquer des maladies respiratoires ou des avortements), parmi les infections
virales du cheval, est l’une des plus préoccupantes.
Ces virus sont très pathogènes pour diverses raisons. Ils parviennent aisément à contourner les défenses immunitaires du cheval, ils produisent des substances qui contrarient l’immunité, ils sont latents. Ceci signifie qu’ils peuvent rester de manière « non apparente » dans l’organisme et se « réveiller » par exemple à la faveur d’un stress. 8 types d’herpèsvirus (HV) sont connus chez le cheval. Seuls 3 d’entre eux (EHV 1, EHV 3 et EHV 4) semblent avoir réellement un effet pathogène.
Vue microscopique d’herpèsvirus.
L’EHV
1 :
L’infection d’un cheval
avec l’EHV 1 peut entraîner divers symptômes. Certains animaux vont développer
une infection subclinique, autrement dit, ils ne seront pas réellement malades.
D’autres vont présenter des signes respiratoires (rhinopneumonie), des maladies
néonatales, des avortements, des syndromes nerveux. Dans bon nombre de
maladies, l’animal s’immunise contre le virus et devient protégé pour sa vie
entière. Ce qui n’est pas le cas de l’EHV 1 qui peut réinfecter le cheval à
plusieurs reprises.
Maladies
respiratoires (rhinopneumonie) :
Le cheval s’infecte par voie
nasale. Les signes cliniques sont différents selon l’âge de l’animal, le statut
vaccinal, la souche de virus. L’incubation varie de 2 à 10 jours. Le cheval
présente alors des écoulements nasaux (jetage) et une fièvre. Cette fièvre est
dite biphasique, ce qui signifie que les périodes de normothermie et
d’hyperthermie alternent. Le produit de jetage est d’abord translucide puis
s’épaissit et prend un aspect laiteux. La toux n’est pas constante.
Avortements :
Le délai entre
l’infection et l’avortement peut aller de 2 semaines à quelques mois. Un des
scenarii les plus fréquents est un avortement entre 7 et 11 mois, survenant
chez une jument qui a présenté une infection subclinique, c’est-à-dire passé
inaperçue auparavant.
Ces avortements prennent
souvent l’allure d’une épidémie, plusieurs animaux de l’élevage avortant
presque en même temps.
Syndrome
nerveux :
Ces syndromes se
caractérisent dans un premier temps par une parésie (faiblesse) débutant sur
l’arrière-main. Parfois, il existe un historique de maladie respiratoire chez
le cheval atteint ou chez ses congénères. Cette faiblesse prend un mode aigu et
progresse très rapidement. Elle peut se terminer par un décubitus en moins de
48 heures. D’autres signes couramment décrits sont une incontinence urinaire et
une paralysie de la queue. Les chevaux atteints ne peuvent pas uriner
convenablement, leur urine s’évacue « passivement » sous la pression
liquidienne de la vessie.
Affections
néonatales :
Quand l’EHV 1 infecte un
fœtus presque à terme, le conséquence en est une prématurité ou la naissance
d’un foal malade. Ces animaux peuvent présenter de graves troubles
respiratoires et parfois une nécrose du foie consécutifs à l’infection virale.
Ces animaux décèdent généralement, malgré les traitements, au cours de leur
première semaine.
L’EHV
3 :
Plus rarement rencontré,
l’EHV 3 est responsable d’une maladie vénérienne appelée exanthème coïtal. Il
se transmet lors de rapports sexuels, mais aussi par l’intermédiaire des mains
des soigneurs ou du matériel. La jument, après une incubation de 4 à 7 jours,
présente de petites lésions vulvaires très douloureuses qui cicatrisent en 1 à
3 semaines, laissant des cicatrices dépigmentées. Des lésions identiques
atteignent les étalons qui, en raison de la douleur provoquée, refusent de
s’accoupler. Plus rarement, ces lésions atteignent les narines et la cavité
buccale. Ces lésions sont contagieuses en phase aiguë.
L’EHV
4 :
L’EHV 4 produit des
symptômes respiratoires strictement identiques à ceux provoqués par l’EHV 1. Tout au plus, on peut dire qu’il
semble moins « méchant ». Question avortements, il semble intervenir
de manière sporadique : on n’observe pas d’épidémie d’avortement, contrairement
à l’EHV 1. Toutefois, pour les affections néonatales, le fœtus subit des effets
pathogènes semblables à ceux décrits précédemment (troubles respiratoires,
nécrose du foie consécutifs à l’infection virale).