LE CHEVAL AU TRAVAIL

 

 

 

Deux mille cinq cents ans avant notre ère, l’homme, après s’être attelé au cheval, attelle celui-ci à son char.

 

 

 

De la domestication à l’attelage : une évolution tardive :

 

 

Ø      L’exploitation du cheval pour sa force était inconnue des hommes de la préhistoire. Et la domestication n’a pas entraîné, dans un premier temps, de grands changements sociaux. Il a fallu, pour que l’idée initiale prenne corps et se traduise dans la pratique, qu’apparaissent ses applications et les moyens de les mettre en œuvre.

 

 

Ø      Cela supposait l’existence préalable d’une agriculture assez développée et d’importants besoins en transport ; cela supposait également que l’on sût comment et à quoi atteler le cheval. C’est pourquoi ces techniques, apparues chez les semi-nomades des steppes eurasiatiques, ont été surtout développées et perfectionnées au sein des premières grandes civilisations urbaines du Moyen-Orient ancien.

 

 

 

 

L’épopée du char de guerre, instrument décisif de l’issue des batailles :

 

 

Ø      Le cheval commença sans doute par tirer l’araire et le traîneau à dépiquer, comme le bœuf et l’âne, mais c’est associé au char à roues qu’il donne, pour la première fois, la mesure de son utilité.

 

ü      Le premier char, à quatre roues pleines, est attesté à Ur en 3500 avant notre ère. Probablement inventé pour le bœuf, il aurait été ensuite adapté à l’hémione et à l’âne par les Sumériens, avant de passer au cheval. Ce lourd véhicule porte un conducteur à l’avant, protégé par un bord surélevé, et un soldat en armes, sur une plate-forme arrière. Il est tracté par quatre animaux attelés de front.

 

 

 

ü      Puis est apparu le char à deux roues tiré par des chevaux attelés de front. Du Sahara à l’Asie centrale, son emploi, à des fins presque exclusivement militaires, domine tout le IIème millénaire avant notre ère, décidant même de l’issue de plusieurs grandes batailles, comme celle de Qadesh, sur l’Oronte, en 1285 avant Jésus Christ.

 

 

 

 

 

 

Une utilisation nouvelle du char chez les Romains : les courses attelées :

 

 

Ø      L’utilisation du char de guerre à chevaux s’est ensuite prolongée jusque sous l’Empire romain, où elle tombe en désuétude, pour des raisons purement tactiques, face à la maniabilité de la cavalerie et de l’infanterie, au tout début de notre ère (voir le temps des cavaliers).

 

Ø      Le char est utilisé sous l’Empire romain pour faire des courses de quadriges. Ces courses romaines se situent à mi-chemin entre les courses attelés actuelles et les jeux du cirque. Des chars à deux roues et à timons sont tirés par quatre chevaux attelés de front.

 

 

 

 

L’essor du cheval de trait dans la société préindustrielle : l’apparition de nouveaux usages et de nouveaux métiers :

 

 

Ø      Au XVIIIème siècle, l’ancien système d’usage polyvalent de chevaux divers et mal définis, dont l’élevage extensif était la spécialité des régions pauvres, commence à céder la place, à une utilisation agricole plus intensive de ces animaux.

 

ü      Les chevaux de trait de divers modèles, des plus aristocratiques aux plus grossiers, sont aussi les plus nombreux sur les routes et dans les villes : près de 100 000 dans Paris, dont 15 000 à la seule compagnie des omnibus, où leur entretien nécessite des installations et un personnel considérables.

 

ü      Dans les mines, où on les descend une fois pour toutes, jusqu’à leur mort, des chevaux parcourent chaque jour 20 à 30 kilomètres de galeries en traînant six ou sept wagons chargés de 4 tonnes de houille ou de minerai.

 

ü      D’autres, sur les chemins de halage, tirent une péniche de 60 à 100 tonnes sur une distance allant jusqu’à 30 kilomètres.

 

ü      Quant à l’armée, elle entretien en permanence 30 000 à 40 000 chevaux. Pendant la guerre de 1914/1918, on estime que la seule armée française utilisa 700 000 chevaux, alors même que la cavalerie ne jouait déjà plus un rôle majeur dans les batailles.

 

Ø      Du fait de l’omniprésence des chevaux, les charretiers, le cocher, le maréchal ferrant, le maquignon, l’équarisseur, constituent alors des figures habituelles de la société traditionnelle.

 

 

 

 

L’âge d’or de la traction hippomobile, un âge décalé au regard des progrès de la mécanisation (2nde moitié du XIXème siècle) :

 

 

Ø      Singulière ironie de l’histoire, il faut attendre la deuxième moitié du XIXème siècle, c’est-à-dire une époque où les progrès de la mécanisation des transports et du travail agricole annoncent déjà la fin de la traction équine pour assister à un essor sans précédent de la traction hippomobile, notamment en Europe Occidentale.

 

Ø      On voit en effet se réaliser de spectaculaires améliorations dans le domaine de l’élevage et de l’utilisation des chevaux de traits avec :

 

ü      La fixation des grandes races lourdes actuelles, comme le Percheron en France, le Suffolk en Angleterre et le Rhénan en Allemagne ;

 

ü      La rationalisation de l’alimentation équine,

 

ü      Le perfectionnement des attelages et des voitures.