LE CHEVAL CANADIEN

 

Origine du cheval Canadien :

 

           Lorsque les premiers chevaux arrivent en Amérique, ils font la conquête d’un continent.  En effet, aucun quadrupède préhistorique n’avait évolué jusqu’au stade du cheval.  C’est avec les Espagnols, au XVème siècle, qu’il foule le sol pour la première fois en Amérique.

           Il faut cependant attendre  1665 pour voir les premiers chevaux en Nouvelle-France.  C’est sous la gouverne de l’intendant Jean Talon que se font ces arrivages.  D’abord réservé aux seigneurs et autres dignitaires, le cheval Canadien fera rapidement sa place dans tous les foyers de la colonie.  En tout, ce seront 82 chevaux qui seront importés entre 1665 et 1671.  Ensuite, plus rien; l’intendant Talon considérant le cheptel suffisant pour se reproduire.  Ces chevaux, provenant vraisemblablement des haras royaux sont de races variées : Arabe, Barbe, Frison, Frederiksborg, Holstein et Ardennais.  C’est là le noyau de base du cheval Canadien.

L’envoi de ces chevaux est l’opération de colonisation qui connaît le plus grands succès. Non seulement ils deviendront indispensables à la vie sociale et économique de la Nouvelle-France, mais ils vont se multiplier et s’adapter à une vitesse qui dépasse toutes les attentes.

 

Le cheval de cette époque doit faire face à de rudes conditions de vie.  Les hivers longs et froids, et le manque fréquent de nourriture feront que seuls les plus forts résisteront.  Cela ne l’empêchera pas de progresser rapidement fixant ainsi la race. Déjà, en 1716, soit 45 ans plus tard, on en dénombre 3700.  A la conquête par les Anglais en 1760, en faisant l’inventaire de cette nouvelle prise Murray découvre qu’elle abrite 12 757 chevaux pour 70 000 habitants, soit 1 cheval pour 5 personnes environ.  C’est plus que dans la France de cette époque.  Un autre recensement fait en 1784 dénombrera 30 146 chevaux.  Cette croissance du troupeau dans la vallée du Saint-Laurent est d’autant plus impressionnante qu’on peut à coup sûr l’attribuer aux seuls chevaux expédiés par le roi.

           Évidemment, les Français ne sont pas les seuls à débarquer des chevaux en Amérique. Les chevaux anglais ou même espagnol auraient pu venir grossir le troupeau de la vallée du St.-Laurent, mais c’est justement impossible. D’abord parce qu’on interdit les contacts, mais plus simplement parce que la géographie freine les éventuels échanges.  Si rapides et si courageux que soient les chevaux de cette époque, ils ne peuvent en quelques bonds traverser les distances considérables qui séparaient la Nouvelle-France de la Nouvelle-Angleterre. Les Appalaches (chaîne de montagnes) formant une barrière difficile à franchir.  On peut donc tirer la conclusion que les 80 chevaux de base se sont développés en vase clos et cela pendant un peu plus de 100 ans.

 

Avec la conquête cependant, les frontières s’ouvrent et le commerce s’installe.  Entre autre marchandise, il y a évidemment des chevaux.  Les habitants se départissent souvent de leurs meilleurs sujets pour une chanson.  Ils ne les considéraient pas comme pur-sang, s’imaginant que l’élevage de race pure, c’était ailleurs.  On lui reconnaît certes sa polyvalence, mais un cheval à tout faire manque de distinction.  On effectuera aussi beaucoup de croisements sans se préoccuper de conserver la race.  Ce qui fait la renommée du cheval canadien, aux États-Unis et ailleurs au Canada, ce sont ses qualités de trotteur. Il sera beaucoup utilisé pour améliorer les performances d’autres races, notamment de ce favori des hippodromes, le Standardbred.

           Le commerce se poursuivra ainsi jusqu'à l’indépendance des États-Unis et même après.  Il va même s’intensifier lors de la guerre de sécession en 1861 car les armées nordistes réclameront beaucoup de chevaux.  C’est ainsi qu’on finira d’écrémer ce qu’il restait de bons chevaux. Et voilà la race presque éteinte avant même d’avoir été reconnue.

           En 1870 s’effectue enfin une prise de conscience.  On se rend compte que nos petits chevaux ont de la valeur.  En 1885, un premier regroupement d’éleveurs se forme.  Dans les années qui suivent, le ministère de l’agriculture de la toute nouvelle province de Québec travaille aussi en ce sens ; tentant de relancer l’élevage.  On remarque d’ailleurs un nouvel engouement pour la race en 1887 lors de l’exposition provinciale de Québec.

           Puis, en 1889, l’honorable Louis Beaubien créera un premier haras national regroupant plusieurs races.  Mais il sera peu utilisé par les agriculteurs et n’aidera qu’indirectement la reconstitution de la race Canadienne.  C’est par pedigree et société d’éleveur qu’on réussira.  Ce travail colossal sera effectué par le docteur J. A. Couture, vétérinaire en chef au ministère.  Après 6 ans de recherche, il réussit en 1895 à inscrire 100 chevaux dans une première généalogie.  C’est aussi cette année là que se crée la Société des Éleveurs de Chevaux Canadiens.  Malheureusement, ce sauvetage survient un peu tard car le siècle suivant sera celui du cheval vapeur.

 

Le nombre de chevaux va chuter dramatiquement. En 1951, on ne compte même pas un cheval pour 1000 personnes. Et ce malgré le fait que les gouvernements, fédéral d’abord, puis provincial, en feront l’élevage dans des fermes expérimentales.  En 1981, à la ferme de Deschambeault, les 44 chevaux sont vendus aux enchères; fin de l’assistance.  Trois ans plus tard, on ne dénombrait que 600 chevaux.  En 1995 cependant, on pouvait en compter 2000.

           Puis finalement, en l’an 2000, après de nombreuses années de bataille, le gouvernement québécois inscrit le cheval Canadien comme “race patrimoine du Québec”.

 

Caractéristiques :

 

TAILLE : 1.40 m a 1.60 m, rarement plus.

 

POID : 450 a 600 kg.

 

ROBE : Alezan, brun, bai, noir, très rarement gris.

           Listes et balzanes rares aussi.

 

ORIGINE : Province de Québec (territoire de la Nouvelle-France.)

 

           Tête courte et rectiligne. Encolure moyenne, légèrement arquée. Épaules longues, obliques, bien musclées. Poitrine large et profonde. Flanc court et arrondi. Dos droit, court et large. Croupe arrondie, légèrement oblique. Membres solides et musclés. Ossature forte. Corne des sabots particulièrement résistante. Crinière abondante en crins fins, longs et ondulés. Queue longue et fournie. Silhouette dénotant puissance, agilité et élégance. Allures dégagées et vives. Tempérament énergique et ardent, doux et docile en même temps. Il est très polyvalent, rustique et frugal. Il est fort, d’une endurance et d’une robustesse légendaire. On le nomme “LE PETIT CHEVAL DE FER”.

 

Texte de Diane