Les sinus
sont des cavités anfractueuses annexées aux fosses nasales. Leur conformation
varie en fonction de l'âge et de l'individu. Ils se creusent
progressivement dans l'épaisseur des os et, chez le cheval, s'agrandissent
pendant presque toute la vie. On distingue 5 cavités sinusales : sinus frontal,
ethmoïdal, sphéno-palatin, maxillaire caudal, maxillaire rostral.
Les sinus
sont le siège de nombreuses affections. Il n'existe pas de
prédispositions radicales à ces maladies.
Les
signes :
Divers signes
avant-coureurs peuvent faire penser à une maladie des sinus. Il est courant
d'observer un encensement (le cheval baisse et lève alternativement la tête).
Mais les signes les plus caractéristiques sont un jetage (écoulement nasal)
et/ou une épistaxis (saignement de nez). Les caractéristiques de ces
écoulements peuvent orienter le praticien vers le diagnostic. Il s'agit très
généralement d'un écoulement unilatéral, ce qui permet de différencier les
affections sinusales des maladies des poches gutturales. Lors d'infections
fongiques (par des champignons) ou de tumeurs, le jetage est généralement mêlé
à du sang. L'existence d'une mauvaise odeur oriente plutôt vers une affection
dentaire. Enfin, l'épistaxis est plutôt un symptôme des hématomes de
l'ethmoïde.
Déformation
de la face :
Hormis le jetage,
l'observation de déformations faciales est un élément majeur du diagnostic, que
la maladie soit d'origine traumatique ou infectieuse. Il n'est pas rare non
plus que le cheval présente une exophtalmie (œil exagérément sorti de son
orbite), ou un épiphora.
Divers examens cliniques
peuvent être réalisés :
-Observation des dents.
-Palpation : elle permettra de mettre en évidence un
éventuel emphysème sous-cutané lors de rupture de la cavité sinusale, des
crépitations en cas de fracture.
-Percussion : elle peut révéler une douleur quand les
sinus sont le siège d'une pression excessive. La sonorité permet de détecter la
présence anormale de fluides ou de tissus (tumeurs).
Physiopathologie
:
La pathologie
des sinus connaît des causes très variées, congénitales, tumorales,
traumatiques, infectieuses…
· On décrit des kystes sinusaux congénitaux,
des cavités développées aux dépens du sinus maxillaire, et qui ont généralement
peu de répercussions cliniques. Des tumeurs dentaires congénitales, appelées
améloblastomes, ont été observées chez le cheval, de même que des kystes
dentaires, qui peuvent prospérer dans un sinus. Toutes ces anomalies demeurent
très rares.
· Les sinusites infectieuses et parasitaires,
en revanche, sont très fréquentes. Les sinusites bactériennes sont aussi
appelées sinusites primaires par opposition aux sinusites secondaires qui ont
une origine dentaire. Ces affections sont à relier à une affection ascendante
par des bactéries qui colonisent un ou plusieurs sinus. Dans la majorité des
cas, si l'inflammation n'est pas trop importante, on observera un jetage
unilatéral. Si elle se révèle massive, le pus ne parvient plus à s'écouler et
on assiste à l'apparition d'un empyème (accumulation de pus). Les germes les
plus souvent en cause sont les streptocoques.
Beaucoup
plus rares, les infections fongiques ou mycoses se révèlent particulièrement
difficiles à traiter. Elles occasionnent la formation de granulomes qui
déforment progressivement les os.
· Les anomalies dentaires sont à l'origine de
nombreux cas de sinusites. Elles frappent le plus volontiers les molaires et
prémolaires supérieures. Toute lésion dentaire peut s'étendre par proximité au
sinus, d'où la nécessité de pratiquer sur les chevaux des soins réguliers.
· les lésions tumorales des sinus sont
rencontrées plus fréquemment chez les chevaux âgés. On décrit des tumeurs odontogènes
(dont la composition principale est du tissu dentaire), et de nombreux autres
types tumoraux dont le plus fréquent est appelé carcinome épidermoïde. Ces
derniers sont généralement très agressifs.
· un cas très particulier au cheval est
représenté par l'hématome de l'ethmoïde. Il s'agit d'une masse d'origine
inconnue (ce n'est pas un cancer) qui détruit progressivement les sinus.
Plusieurs hypothèses ont été émises quant aux facteurs favorisant son
apparition : infections chroniques, épisodes hémorragiques répétés…
· une infection sinusale doit aussi faire
penser à l'éventualité d'un corps étranger (souvent d'origine végétale).
· Ne négligeons pas en dernier lieu les
affections sinusales d'origine traumatique. On observe des fractures ouvertes
ou fermées, consécutives à des chocs entre chevaux ou sur des objets.